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La conspiration Zenith: partie 2

Dans un billet assez récent, j’expliquais en quoi Zenith représente un modèle de distribution cinématographique très audacieux. Le film est découpé en trois parties qui sont distribuées gratuitement via BitTorrent. Pour le financer, les producteurs retiennent chaque partie jusqu’à temps d’avoir obtenu le financement escompté.

Bonne nouvelle, la deuxième partie est sortie! Vous remarquerez d’ailleurs que mon nom figure dans le générique de début. Pour avoir payé le même prix qu’un film en DVD, j’ai mon nom dans le générique.

Est-ce que c’est un modèle viable? Dans mon dernier billet, je ne pouvais pas encore me prononcer. L’objectif des producteurs est d’amasser 40 000$. Au moment où j’écris ces lignes, ils ont amassé 6,558$ avec les deux premières parties. L’objectif fixé est d’obtenir 10 000$ au cours des mois d’avril et mai pour sortir la troisième et dernière partie. Autant j’ai pu être enthousiaste par rapport à ce modèle d’affaire, autant je commence à être pessimiste pour les raisons suivantes:

  • Les producteurs ne peuvent plus retenir le film. Imaginez les donateurs présents qui se verraient privés de la fin du film pour lequel ils ont payé.
  • Le modèle d’affaire se base sur un «enthousiasme» assez précaire. Un film distribué de façon traditionnel connaît plusieurs phases de distributions, chacune bénéficiant de sa propre campagne publicitaire. Ces différentes phases étirent l’engouement pour le film sur une longue période de temps. Ici, le financement doit se faire en l’espace de quelques mois pour ne pas perdre l’intérêt du public. Une fois le film distribué entièrement, les possibilités d’affaires sont difficiles à envisager.
  • Les producteurs devront probablement dépendre de la philanthropie d’individus qui donneront, même une fois le film distribué totalement gratuitement.

J’attends donc la troisième partie!

Je vous invite sincèrement à télécharger le film. L’intrigue est accrochante et les thématiques entourant la déshumanisation, la perte du langage et la conspiration frappent l’imaginaire.

Bon visionnement!

Pour les utilisateurs d’Apple qui ne savent pas comment télécharger un fichier BitTorrent, je vous recommande Vuze, simple et efficace, avec un lecteur intégré.

Le P2P comme modèle de distribution cinématographique

Un film distribué en P2P! Sur BitTorrent? Le truc utilisé par les méchants pirates et qui permet de distribuer tout gratuitement? Zenith. C’est le nom du film. Techdirt, c’est là où je l’ai découvert. L’idée est simple: le film est distribué gratuitement en Torrent. Toutefois, il est divisé en trois parties. Présentement, seulement la première est disponible. Lorsque les producteurs auront amassé suffisamment de dons via Internet, ils mettront en ligne les parties subséquentes. Une autre preuve que BitTorrent est un outil formidable, efficace et puissant. Il est grand temps qu’on trouve le moyen de l’utiliser.

Pour les producteurs

Le modèle offre un avantage considérable: aucun frais de distribution! De plus, le budget d’équipement peut être réduit, puisque le film sera presque uniquement vu sur des écrans de consommateurs. Pour l’instant, le risque de profit est complètement inconnu. Je salue les producteurs qui ont eu le courage et l’audace de tenter ce modèle.Toutefois, ce modèle doit bénéficier d’un buzz important qui s’étend sur une période de temps assez longue. Si le mot cesse de se propager, le modèle n’est pas viable. Est-ce que le film divisé en trois partie est un modèle d’avenir? C’est ce que nous verrons. Pour ceux intéressés par le P2P comme modèle distribution au cinéma, un panel sur la question peut être écouté ici.

Le bon site pour télécharger le film gratuitement est vodo.com/zenith. J’utilise "bon" site, car si vous tapez "Zenith conspiration" sur Google, attendez-vous à trouver beaucoup d’information contradictoire. C’est voulu. C’est du marketing. C’est la théorie du complot. C’est dans le film. Allez le télécharger, c’est vraiment bon!

Perspectives québécoises

J’ai assez écrit. Selon vous, compte tenu de notre petit marché, ce modèle serait-il réalisable pour un film québécois? Le serait-il sans l’aide de l’ONF, de Téléfilm et de la SODEC?

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